Venez Dessiner les Platanes ! Édition 2025 | Photo © Fernando Guirao
Le 10 mai, pour la IIIᵉ édition, les Amis du Musée invitent artistes et amateurs d’art à la journée de création participative : Venez dessiner les platanes sur les boulevards de Céret.
_____
Dès 9h, devant le Musée, chacun pourra laisser libre cours à sa créativité, muni de son matériel de dessin, dans un espace piétonnier. Nous fournirons du matériel de base pour ceux qui le souhaitent.
Les œuvres réalisées seront exposées à partir de 11h30.
À midi, nous aurons le plaisir d’accueillir Damien Deroubaix, artiste parrain de l’événement.
_____
L’après-midi, à 15h, une rencontre avec Damien Deroubaix se tiendra dans l’auditorium du musée. Cette rencontre sera animée par Paul B. Franklin, président des Amis du Musée.
Damien Deroubaix, parrain de l'événement

Damien Deroubaix a très gentiment accepté de parrainer la IIIᵉ édition de Venez dessiner les platanes !
Photo © José Angulo, 2025

Avril 2026 | Jean-Roch Dumont Saint Priest, directeur-conservateur, présente le dessin réalisé spécialement à la demande des Amis du Musée pour la IIIᵉ édition de Venez dessiner les platanes !
___
À l’invitation du directeur-conservateur du Musée, Damien Deroubaix revient en résidence artistique à Céret, pendant quinze jours.
Dim. 10 mai à partir de 9h | sur les boulevards de céret
Dim. 10 mai 12h | accueil de Damien Deroubaix, parrain de l'événement

Paul B. Franklin, président des Amis accueille Damien Deroubaix par un discours de bienvenue.
« C’est un plaisir d’accueillir Damien Deroubaix à Céret, d’autant plus qu’il a fêté son anniversaire hier. Joyeux anniversaire Damien, avec un peu de retard.
Lorsque j’ai demandé à Damien s’il accepterait d’être le parrain de cette troisième édition de « Venez dessiner les platanes », il a répondu immédiatement et favorablement. Lorsque je lui ai demandé s’il accepterait de créer une œuvre pour l’affiche de la manifestation, il a de nouveau accepté. Dans ce monde de brutes, cherchant à s’humilier et à se dominer les uns les autres, la gentillesse et la générosité de Damien sont une bouffée d’air frais.


Damien s’est rendu à Céret pour la première fois l’été dernier, à l’invitation de Jean-Roch Dumont Saint Priest, directeur-conservateur du Musée. Dans la grande tradition de Picasso, Braque, Soutine, Juan Gris, Vincent Bioulès et bien d’autres, il a fui la cacophonie de Paris pour s’installer temporairement dans l’ancien atelier de Pierre Brune. Je ne pense pas exagérer en disant que Damien est tombé sous le charme de Céret.
Il est revenu aujourd’hui non seulement comme parrain de « Venez dessiner les platanes », mais aussi pour une nouvelle semaine de résidence, au cours de laquelle il gravira les nombreuses marches menant au Castellas pour travailler à nouveau sur son art. »

Damien, bienvenue à Céret et bienvenue chez toi !
Dim. 10 mai 15h | Rencontre au musée
Paul B. Franklin, Président des Amis, ouvre la rencontre en présentant l’artiste. Cette introduction est prolongée par un entretien qui apporte un éclairage précis sur sa démarche, son parcours, ses sources d’inspiration et ses projets.

C’est un plaisir de vous présenter Damien Deroubaix, un artiste français de renommée internationale qui, depuis le début des années 2000, expose ses œuvres aux quatre coins du monde dans des galeries et des musées prestigieux. Véritable consécration de la part du monde artistique français, Damien a bénéficié d’une exposition personnelle à la Bibliothèque nationale de France d’octobre 2024 à février 2025.
Damien s’est rendu à Céret pour la première fois l’été dernier, à l’invitation de Jean-Roch Dumont Saint Priest. Dans la grande tradition de Picasso, Braque, Soutine, Juan Gris, Vincent Bioulès et bien d’autres, il a fui la cacophonie de Paris pour s’installer temporairement dans l’ancien atelier de Pierre Brune. Sur les pas de Vincent Bioulès, il est revenu aujourd’hui comme parrain de la IIIᵉ édition de « Venez dessiner les platanes », et il passera cette semaine en résidence d’artiste, travaillant à nouveau au Castillas.
J’ai pensé qu’il serait intéressant d’inviter Damien à échanger avec moi et avec vous de son travail d’artiste. En guise de préambule, j’aimerais vous donner un bref aperçu des thèmes et des techniques qui caractérisent son œuvre.
Damien a débuté sa carrière d’artiste en tant que dessinateur, réalisant des œuvres sur papier relativement modestes. C’est à cette même époque qu’il a découvert la gravure, un autre art dit « mineur », dont il est devenu l’un des praticiens les plus talentueux de sa génération – dans la lignée d’artistes tels que Dürer, Rembrandt, Gauguin, Picasso et Matisse. Comme Damien s’en souvient, c’est Gauguin qui l’a incité à explorer cette technique. Je cite : « En 1990, j’ai découvert les gravures sur bois de Gauguin et j’ai voulu en faire. C’était facile à faire à la main et peu coûteux, ça a été le point de départ. Puis à l’École des Beaux-Arts, j’ai eu accès à des presses et je n’ai plus jamais arrêté. J’adore la magie de la gravure, la révélation au moment du tirage, le travail des noirs et des blancs. »
Avec le temps, les gravures de Damien ont intégré la couleur. Il a également bouleversé les codes de la gravure sur bois, en sculptant des blocs de bois surdimensionnés – les matrices traditionnelles utilisées pour réaliser des estampes – et en les recouvrant d’encre ou de la peinture noire pour en faire des œuvres uniques.
En 2009, Damien est passé du papier, qu’il utilisait principalement comme support, à la toile, et plus particulièrement à la peinture à l’huile. Bien qu’il ait élargi son champ technique, il a conservé certaines de ses anciennes habitudes, notamment celle du collage.
Outre le dessin, la gravure et la peinture, Damien intègre également dans son œuvre des objets, qu’il s’agisse d’objets manufacturés, dans la tradition des ready-made de Marcel Duchamp, ou d’objets créés à la main. Enfin, il associe sculpture, architecture, estampes et peinture pour créer des installations élaborées, donnant naissance à des environnements qui empiètent sur l’espace physique du spectateur et créent de nouveaux rapports de force.

Damien mobilise simultanément tous ces médiums, n’hésitant pas à les mêler librement afin de créer des images complexes et puissants qui traduisent ses pensées et émotions. Ses œuvres explore des thèmes variés, sans hiérarchie de genre, avec une énergie rare, où tout cohabite et se déploie naturellement dans un style figuratif assumé.
Son vocabulaire visuel riche comprend, entre autres, animaux, entiers ou en morceaux, vivants ou morts ; crânes et squelettes ; chimères ; têtes de boucs ; fétiches africains ; chauves-souris et personnages issus de la mythologie et de la culture populaire.
Ces éléments disparates évoluent dans des paysages souvent désolés. Les mots — en anglais, allemand, espagnol ou français — viennent compléter l’ensemble, ajouter des précisions ou, mieux encore, créer des ambiguïtés, des incertitudes. Jamais neutres, ces mots imprègnent les compositions de Damien d’un humour caustique, voire d’un certain cynisme, révélant son regard d’une honnêteté brutale sur notre monde. L’atmosphère brute et agressive qui caractérise une grande partie de son œuvre tient surtout à sa passion de longue date pour la musique métal, dont il tire également bon nombre de ses titres.
Damien a expliqué que son œuvre, je cite, « procède d’un travail de dévoilement. Elle s’applique à dresser un état des lieux. Je cherche à faire le portrait du monde dans lequel on vit. Si elle peut paraître parfois très sombre, c’est que j’essaie de gratter le vernis qui recouvre la société ultra capitaliste qui est la nôtre, celle de l’image, de la consommation, de la publicité, etc. ». On pourrait également ajouter l’exploitation des êtres humains, le soif de pouvoir et de l’argent, la souffrance humaine et la mort, sans oublier la folie des conflits armés. L’approche de Damien sur ces sujets est profondément humaniste et, par conséquent, résolument politique.
En lien avec ces thèmes universels, Damien entretient un dialogue vif et vivant avec ses prédécesseurs artistiques, parmi lesquels Dürer, Otto Dix, John Heartfield, Edvard Munch, Manet, Van Gogh, Rembrandt et surtout Goya et Picasso. Comme Damien l’a déclaré en 2014, je cite : « Ce sont des aînés avec qui on discute, des artistes qui vous poussent à peindre juste, c’est-à-dire à peindre dans votre temps. »
En essayant de déchiffrer les œuvres tumultueuses et troublantes de Damien, débordantes de mots et d’images, nous nous rendons compte qu’elles soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses — exactement comme l’art devrait le faire.
→ Une série de photographies sélectionnées par Damien est projetée pendant la rencontre. Elles montrent son travail exposé dans divers contextes et donnent un aperçu supplémentaire de l’évolution de son travail, du début des années 2000 à aujourd’hui.


