Charlotte Auricombe

charlotte auricombe | Là où se loge le manque

Lumière d’Encre | Centre d’art et de photographie, jeudi 12 mars 2026 à partir de 18h
Une rencontre spéciale, avec la photographe Charlotte AURICOMBE, programmée dans le cadre de l’exposition Là où se loge le manque.
Deux visites sont organisées sur inscription à 18h et à 18h45.
La rencontre, suivie d’un apéritif, est réservée exclusivement aux Amis du Musée.

Charlotte Auricombe Là où se loge le manque

le choix du noir et blanc

Pourquoi le choix du noir et blanc ?
Pour plusieurs raisons, d’une part parce que le noir et blanc me permet d’être autonome dans ma production, de développer et de tirer, et donc d’être dans la matière. Ensuite parce qu’il m’extrait plus vite du réel et me semble donc laisser plus de place à nos imaginaires.
J’aime décontextualiser, avoir cette sensation que l’on quitte la terre, que tout d’un coup, on ne sait plus où l’on est.

Comment avez-vous construit ou réfléchi votre série ?
Elle s’étire sur plusieurs années, donc assembler tout ça a pris du temps, mais assez vite l’idée de travailler sur l’imaginaire du lieu plus que sur sa représentation, s’est imposé. Comment un espace nous habite voire nous obsède. Comment un tout petit bout de paysage peut prendre une place immense en nous.
Et c’est cet appel du dehors qui va se transformer en un dedans.

Charlotte Auricombe

Un monde coupé du « nôtre »

Votre travail montre un monde qui semble complètement coupé du « nôtre ».
Est-ce volontaire ? Pourquoi ?

Je pense que l’on est souvent coupé de beaucoup de choses. Le monde dans lequel on évolue aujourd’hui ne laisse pas beaucoup de place au temps long. Il faudrait re-lire Aliénation et accélération d’Harmut Rosa qui dit bien comme le rythme effréné auquel nous sommes soumis ne nous permet pas d’habiter le monde.
C’est en partie, la réflexion que je mène dans mon travail, la place que l’on donne au sentir, et à l’attention que l’on porte à tout ce qui nous entoure. Qu’elle est finalement l’expérience de la vie sur terre que l’on a envie faire. J’aime beaucoup cette idée que le réel est davantage que ce qui existe. J’essaie d’aller chercher un peu d’étrange, et de merveilleux. J’espère surtout que ce travail nous invite à être sensible à ce qui est si fragile et mystérieux.

Qui est Charlotte AURICOMBE ?

 Charlotte AURICOMBE est née à Paris. Elle vit maintenant à Toulouse, où elle est en résidence de création au Centre culturel Saint-Cyprien. Née dans une famille passionnée de photographie, elle a très vite considéré la photo comme un terrain d’échanges. Ainsi, elle a appris les bases du tirage en autodidacte, à travers des livres offerts par ses grand-parents.
Quelques années plus tard, elle décide d’étudier les métiers de la scénographie à la fac Saint-Charles de la Sorbonne à Paris, avant de travailler dans des galeries et institutions culturelles, en France comme au Canada, tel que le Centre Pompidou, où elle faisait le lien entre artistes
et publics.
En parallèle, elle a fait partie d’un collectif de photographes ayant tous des pratiques et regards différents, réunis dans le but de rassembler ces points de vue en un seul projet commun afin de faire dialoguer les œuvres entre elles, malgré leurs différences.

À ce jour, elle continue d’accompagner en indépendante d’autres photographes qui souhaitent créer des projets similaires, dans une forme de direction artistique.

Depuis 2020, elle se consacre pleinement à son métier de photographe. Sa démarche a pour but de décontextualiser, afin de s’extraire du réel, perdre ses repères. Dans ce but, elle privilégie le noir et blanc.

Charlotte AURICOMBE explore la notion de vide, de descente vers l’inconnu et d’immersion, dans un voyage sensoriel mais également intérieur. Pour cela, elle s’inspire en partie de la poésie. Elle réfléchit à la place que l’on accorde aux sensations, et à l’attention que l’on porte aux paysages qui nous entourent.
Chez cette artiste, le réel est davantage que ce qui existe : la photographie a le pouvoir de représenter une réalité que l’on ne perçoit pas. Elle peut métamorphoser, transformer ce que l’on croyait avoir vu.
Elle enregistre ce que la mémoire efface.